Imaginez-vous à Saint-Malo, le dimanche 1er novembre 2026, au pied des remparts. La Route du Rhum 2026 s’élance : des voiliers de course glissent un à un hors du chenal, pour une traversée en solitaire de l’Atlantique vers Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. C’est la 13e édition de cette course, créée en 1978 et organisée tous les quatre ans. Voici la Route du Rhum 2026 : le parcours et la distance, les six classes de bateaux, le nombre de skippers annoncé, l’histoire de la course depuis sa première édition et quelques repères pour la suivre.
La Route du Rhum 2026 en quelques chiffres
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Édition | 13e, « Destination Guadeloupe » |
| Départ | Dimanche 1er novembre 2026, Saint-Malo |
| Arrivée | Pointe-à-Pitre, Guadeloupe |
| Distance | Environ 3 500 milles nautiques (3 542 selon certaines sources) |
| Format | Solitaire, sans escale ni assistance |
| Classes | Six : ULTIM, Ocean Fifty, IMOCA, Class40, Vintage Multi, Vintage Mono |
| Skippers annoncés | Plus de 110 (116 à 118 selon les sources et les dates) |
Les chiffres du nombre de participants varient selon les dates de publication et les invitations hors sélection. Pour une liste définitive, reportez-vous au site de l’organisateur à l’approche du départ.
Une course née en 1978
La Route du Rhum est créée en 1978 par Michel Etevenon, un publicitaire parisien, en réponse aux limites de taille imposées aux bateaux de la course transatlantique en solitaire de l’époque. L’idée est simple : une course ouverte à tous les types de bateaux, monocoques comme multicoques, sans limite de taille, qui relie Saint-Malo à la Guadeloupe. Elle a lieu tous les quatre ans.
La première édition entre dans la légende. Le Canadien Mike Birch, sur le petit trimaran Olympus Photo, remporte la course devant Michel Malinovski, sur le grand monocoque Kriter V, avec 98 secondes d’avance après plus de vingt-trois jours de mer. Cette arrivée serrée a lancé la réputation de la course. L’édition a aussi été marquée par la disparition en mer d’Alain Colas.
Qu’est-ce qui rend la Route du Rhum particulière ?
Elle réunit sur la même ligne de départ des professionnels et des amateurs, ce qui est rare dans les grandes courses au large. Chacun court dans sa classe, mais tous partent de la même ligne.
Les six classes de bateaux
Les bateaux de la Route du Rhum sont regroupés par classes, qui se courent en temps réel les unes à côté des autres, avec un classement par classe.
- ULTIM : les plus grands multicoques de course au large, des trimarans géants qui volent au-dessus de l’eau grâce à leurs foils.
- Ocean Fifty : des trimarans de cinquante pieds, soit environ quinze mètres.
- IMOCA : des monocoques de soixante pieds, la classe du Vendée Globe.
- Class40 : des monocoques de quarante pieds, la classe la plus nombreuse de la course.
- Vintage Multi et Vintage Mono : des bateaux plus anciens, multicoques et monocoques, qui perpétuent l’esprit des premières éditions.
Selon les chiffres publiés en avril 2026, la répartition annoncée était de 6 ULTIM, 11 Ocean Fifty, 26 IMOCA, 49 Class40, 13 Vintage Multi et 13 Vintage Mono, soit 118 skippers. La Class40 est donc de loin la classe la plus représentée.

Un parcours de plus de 3 500 milles
La route relie Saint-Malo à Pointe-à-Pitre en traversant la Manche, le golfe de Gascogne et l’Atlantique Nord, avant de rejoindre les alizés et les Antilles. Elle n’est pas imposée : chaque skipper choisit sa trajectoire en fonction de la météo, entre une route plus directe et une route plus au sud. Le départ en novembre expose les concurrents aux dépressions de l’automne dans la Manche et dans le golfe de Gascogne, avant l’établissement des vents réguliers.
La course se fait en solitaire et sans assistance : le skipper navigue, dort par tranches courtes, répare et décide seul. Le record de l’épreuve, selon la presse spécialisée, est de 6 jours 19 heures 47 minutes 25 secondes, établi par Charles Caudrelier en 2022. Ce temps montre l’écart entre les grands multicoques volants d’aujourd’hui et les trimarans des débuts.

Comment suivre la course ?
Chaque bateau est équipé d’une balise de position, ce qui permet de suivre les trajectoires sur la cartographie en ligne de l’organisateur. Les classements se mettent à jour plusieurs fois par jour. Pour comprendre les bulletins qui accompagnent la course, quelques notions de météo marine aident : notre guide de l’échelle de Beaufort donne le vocabulaire des vents, et celui sur la règle des douzièmes introduit les marées, dont le marnage est l’un des plus grands d’Europe dans la baie de Saint-Malo.
Quelles notions utiles pour suivre les commentaires ?
Le vent apparent et le vent réel, les allures (près, travers, portant), les dépressions et les anticyclones, ainsi que le vocabulaire du bord. Notre article sur le vocabulaire du voilier rassemble les termes de base.
Que regarder en suivant la course ?
Sur la cartographie, quelques indications suffisent pour comprendre la course. La position de chaque bateau montre les choix de route : un skipper qui descend vers le sud parie sur les alizés, un autre qui reste plus au nord parie sur un trajet plus court. La vitesse et le cap indiquent l’allure : un bateau qui accélère trouve un vent plus favorable, un bateau qui ralentit entre dans une zone de calme. L’écart entre les concurrents d’une même classe se creuse et se réduit au gré des systèmes météo.
Quels risques propres à la course en solitaire ?
Naviguer seul pendant plusieurs jours impose de dormir par tranches courtes, de gérer la fatigue et de réparer sans aide. Les principaux risques sont le froid, la fatigue, les avaries de matériel et la collision avec un objet flottant non identifié, que les marins appellent un OFNI. Chaque skipper doit aussi prévoir sa météo avec soin : vous retrouvez là les notions de vent moyen et de rafales de notre guide de l’échelle de Beaufort.
Quel vocabulaire retenir ?
Quelques mots reviennent dans les commentaires : le cap est la direction suivie, l’allure est l’angle entre le bateau et le vent, le près est une allure où l’on remonte vers le vent, le vent arrière une allure où il pousse le bateau par l’arrière. La route fond est la direction réellement suivie, la vitesse fond la vitesse réelle au-dessus du fond. Avec ces repères, les commentaires de course deviennent beaucoup plus clairs.
Pourquoi cette course s’appelle Route du Rhum
Le nom vient de la destination : la course rejoint la Guadeloupe, île productrice de rhum. Le nom de l’épreuve est devenu une marque de la course au large française, et l’arrivée à Pointe-à-Pitre, après plus de trois mille milles, est l’un des grands moments du calendrier de la voile.
Les courses légendaires : où se place la Route du Rhum ?
La Route du Rhum fait partie des grandes courses transocéaniques françaises, avec le Vendée Globe, qui fait le tour du monde en solitaire, et d’autres courses en équipage. Elle se distingue par son format simple : une ligne de départ, une ligne d’arrivée, des milliers de milles entre les deux. Pour d’autres dates à suivre, consultez notre calendrier des courses à voile et régates.
Un rendez-vous pour les amoureux de la mer
Même si vous ne naviguez pas, la Route du Rhum se suit comme un feuilleton : chaque jour apporte un classement, une avarie, une stratégie qui paie ou échoue. C’est aussi une porte d’entrée vers le vocabulaire de la voile, que l’on apprend plus vite en suivant un bateau précis jour après jour. Choisissez un skipper, suivez sa trace et laissez-vous prendre par la course.
Un souvenir de course
Pour accompagner la course, beaucoup de passionnés portent un souvenir de mer. Un bracelet à ancre, un pendentif boussole ou une chaîne avec un petit gouvernail évoquent la navigation sans la caricaturer. Parcourez nos bijoux marins, et lisez notre guide de leur signification.
Questions fréquentes sur la Route du Rhum 2026
Quand part la Route du Rhum 2026 ?
Le dimanche 1er novembre 2026, de Saint-Malo.
Où arrive la Route du Rhum ?
À Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, après environ 3 500 milles nautiques.
Combien de skippers participent ?
Plus de 110. Les chiffres publiés vont de 116 à 118 selon la date et les invitations hors sélection.
Quelles sont les classes engagées ?
ULTIM, Ocean Fifty, IMOCA, Class40, Vintage Multi et Vintage Mono.
Qui a gagné la première Route du Rhum ?
Mike Birch, sur le trimaran Olympus Photo, en 1978, avec 98 secondes d’avance.
Quelle différence avec le Vendée Globe ?
La Route du Rhum est une traversée de l’Atlantique d’environ 3 500 milles, de Saint-Malo à la Guadeloupe. Le Vendée Globe est un tour du monde en solitaire, sans escale ni assistance, au départ des Sables-d’Olonne. Les deux ont lieu tous les quatre ans.
Les amateurs peuvent-ils participer ?
Oui, la course accueille des professionnels et des amateurs sur la même ligne de départ, répartis dans des classes différentes. Il faut satisfaire aux conditions de qualification et de sélection de l’organisateur.
Tous les combien de temps a lieu la course ?
Tous les quatre ans.
Pour garder en tête
La Route du Rhum 2026, c’est une 13e édition, six classes de bateaux, plus de 3 500 milles en solitaire de Saint-Malo à Pointe-à-Pitre, et une histoire qui commence en 1978 avec 98 secondes d’écart. Pour poursuivre, lisez notre article sur le navire Vasa, une autre histoire de mer, et parcourez nos bijoux marins.