Sur le quai d’un port, un vieux marin ne regarde que les mâts : un, deux, parfois trois. En quelques secondes, il vous annonce « sloop », « ketch » ou « goélette », sans avoir lu le nom du bateau. Ce don n’a rien de mystérieux : la reconnaissance repose sur deux critères simples, le nombre de mâts et la disposition des voiles. Voici comment reconnaître les types de voiliers : lire un gréement, distinguer un monocoque d’un catamaran, nommer les principales voiles et savoir quel voilier convient à quel usage, avec un tableau récapitulatif et des exemples tirés de nos fiches bateaux.

Les trois grandes familles de voiliers

Avant de parler gréement, un voilier se range d’abord dans une famille selon la forme de sa coque :

  • Le monocoque : une seule coque, avec une quille ou une dérive qui le fait tenir debout face au vent. C’est le voilier le plus répandu.
  • Le catamaran : deux coques reliées par une plateforme. Très stable à l’arrêt, il offre beaucoup d’espace et un faible tirant d’eau.
  • Le trimaran : une coque centrale et deux flotteurs latéraux, surtout associé à la vitesse et à la régate hauturière.

Ces familles se distinguent immédiatement à la silhouette. Il reste ensuite à identifier le gréement, c’est-à-dire la façon dont les mâts et les voiles sont disposés.

Lire un gréement : compter les mâts, regarder les voiles d’avant

Pour reconnaître le type d’un voilier, suivez toujours le même ordre :

  1. Comptez les mâts : un, deux ou davantage.
  2. Repérez le mât principal, le plus grand, qui porte la grand-voile.
  3. Regardez devant le mât : une seule voile d’avant ou deux ?
  4. S’il y a un second mât, regardez où il se trouve par rapport au gouvernail et à la barre.
Silhouettes de cinq gréements : sloop, cotre, ketch, yawl et goélette
Cinq gréements, cinq silhouettes : comptez les mâts et regardez les voiles d’avant.

Le sloop : le plus courant

Le sloop possède un seul mât et deux voiles principales : une grand-voile derrière le mât, et une voile d’avant (génois ou foc) devant. C’est le gréement le plus répandu pour les voiliers de croisière et de régate, parce qu’il est simple, efficace et facile à manœuvrer, y compris à deux. Le Sun Odyssey 36.2, par exemple, est un sloop, comme le First 45 dont la fiche détaille le sloop fractionné.

Pour le reconnaître : un mât, une voile devant, une derrière. Dès que vous voyez cela, vous avez trouvé un sloop.

Le cotre : un mât, deux voiles d’avant

Le cotre ressemble au sloop, avec une particularité : il porte deux voiles d’avant, un foc et une trinquette, la voile placée sur un étai intérieur. Ce gréement est apprécié sur les bateaux de grande taille, où l’on préfère répartir la surface de voile en plusieurs voiles plus petites, plus faciles à manier et à réduire. L’Oceanis Yacht 62 est décrit dans sa fiche comme un cotre.

Pour le reconnaître : un mât, mais deux voiles d’avant.

Le ketch : deux mâts, le plus petit en avant du gouvernail

Le ketch a deux mâts. Le plus grand est le mât principal, devant ; le plus petit, le mât d’artimon, se trouve derrière, mais devant le gouvernail. Il porte une petite voile, l’artimon, qui aide à équilibrer le bateau. Le ketch est prisé pour les longues croisières : on peut jouer sur plusieurs voiles pour s’adapter au vent, et réduire plus facilement quand il se renforce.

Ketch à deux mâts naviguant sous voiles sur une mer bleue
Un ketch : deux mâts, le petit mât placé devant le gouvernail.

Le yawl : deux mâts, le plus petit derrière la barre

Le yawl ressemble au ketch, avec une différence que l’on repère tout de suite : son second mât, très petit, est derrière le gouvernail. Il porte une voile minuscule dont le rôle est surtout d’équilibrer le bateau. C’est un gréement plus rare aujourd’hui, que l’on rencontre surtout sur des bateaux classiques.

La goélette : deux mâts ou plus, avec le mât avant plus petit

La goélette possède au moins deux mâts, et son mât avant est plus petit que le mât principal ou de même taille. Ses voiles sont disposées dans le sens de la longueur du bateau (voiles « aurique » ou « bermudienne »). Elle est élégante, puissante, et assez rare sur les bateaux de plaisance modernes. On la retrouve sur de nombreux voiliers de tradition.

Les principales voiles à connaître

  • La grand-voile : la grande voile triangulaire accrochée au mât et à la bôme, placée derrière le mât. C’est la voile principale.
  • Le génois : une grande voile d’avant, qui dépasse derrière le mât. Elle donne de la puissance pour remonter le vent.
  • Le foc : une voile d’avant plus petite que le génois, plus facile à manier par vent fort.
  • La trinquette : une petite voile d’avant tendue sur un étai intérieur, caractéristique du cotre.
  • Le spinnaker : une grande voile ballon, gonflée par le vent arrière, que l’on hisse pour aller vite quand le vent vient de derrière.
  • Le gennaker : un spinnaker asymétrique plus simple à manœuvrer, souvent utilisé en croisière.
  • Le tourmentin : une toute petite voile très solide, hissée dans la tempête.

Notre glossaire de fiche bateau détaille aussi ces termes : ouvrez l’onglet « Voile » de la fiche de l’Oceanis Yacht 62 pour voir un schéma de la grand-voile et du génois.

Les grands voiliers : l’autre famille

Les trois-mâts carrés, comme les grands navires-écoles, appartiennent à une autre famille : leurs voiles sont carrées, tendues en travers du bateau sur des vergues, et non dans l’axe. Leur reconnaissance est immédiate : de grands rectangles superposés sur plusieurs mâts. Ces navires portent souvent aussi des voiles d’étai triangulaires. Notre article sur les plus beaux voiliers anciens les présente.

Le tableau pour tout retenir

TypeMâtsVoiles principalesPour le reconnaître
Sloop1Grand-voile, une voile d’avantUn mât, une voile devant
Cotre1Grand-voile, deux voiles d’avantUn mât, deux voiles devant
Ketch2Grand-voile, artimon, voile d’avantPetit mât devant le gouvernail
Yawl2Grand-voile, petit artimon, voile d’avantPetit mât derrière le gouvernail
Goélette2 ou plusVoiles dans l’axe du bateauMât avant plus petit ou égal
Trois-mâts carré3 ou plusGrandes voiles carréesRectangles superposés

Monocoque ou catamaran : lequel choisir ?

Le choix entre un monocoque et un catamaran dépend de votre usage. Quelques repères :

  • La stabilité : le catamaran gîte très peu, ce qui le rend confortable à vivre ; le monocoque penche sous voiles, et certains aiment cette sensation.
  • L’espace : le catamaran offre davantage d’espace de vie et de cabines à longueur égale.
  • Le tirant d’eau : il est faible pour un catamaran, qui accède à des mouillages peu profonds ; un monocoque à quille a besoin de plus de fond.
  • Le port : le catamaran est large et demande une place plus grande et plus chère.
  • Le prix : à longueur comparable, un catamaran coûte généralement davantage à l’achat.
Un catamaran et un monocoque mouillés côte à côte dans une baie
Catamaran et monocoque : deux façons de naviguer, deux ambiances à bord.

Quel voilier pour quel usage ?

  • Croisière côtière et week-ends : un sloop de 9 à 12 mètres, facile à manœuvrer à deux.
  • Grande croisière : un ketch ou un cotre robuste, ou un catamaran pour le confort.
  • Régate : un sloop léger et rapide, ou un trimaran pour les amateurs de vitesse.
  • Vivre à bord : un catamaran ou un grand monocoque, pour l’espace et la stabilité.
  • Découverte et location : un sloop moderne, simple et polyvalent.

Reconnaître un voilier depuis le quai : le réflexe en trois temps

  1. Silhouette : une coque, deux ou trois ? Le catamaran et le trimaran se voient de loin.
  2. Mâts : combien, et quelle taille relative ?
  3. Voiles d’avant : une ou deux ? Un seul mât avec deux voiles d’avant est un cotre.

Avec un peu d’entraînement, ces trois gestes suffisent à nommer la plupart des voiliers d’un port. Une dernière astuce : repérez la position du second mât par rapport au gouvernail, c’est la clé pour distinguer un ketch d’un yawl.

Questions fréquentes sur les types de voiliers

Quelle est la différence entre un sloop et un cotre ?

Les deux ont un seul mât. Le sloop porte une voile d’avant, le cotre en porte deux : un foc et une trinquette.

Quelle est la différence entre un ketch et un yawl ?

Tous deux ont deux mâts. Le petit mât d’un ketch est devant le gouvernail, celui d’un yawl est derrière.

Qu’est-ce qu’une goélette ?

Un voilier de deux mâts ou plus dont le mât avant est plus petit ou de même taille que le mât principal, avec des voiles disposées dans l’axe du bateau.

Quel est le voilier le plus courant ?

Le sloop monocoque, simple, efficace et facile à manœuvrer, est de loin le plus répandu.

Un catamaran est-il un bon voilier pour débuter ?

Il est stable et spacieux, mais plus large à manœuvrer au port. Pour débuter, un petit sloop est un excellent compromis.

Quelles voiles utiliser par vent fort ?

On réduit la grand-voile (prise de ris) et on remplace le génois par un foc plus petit, voire une trinquette ou un tourmentin dans la tempête.

Comment reconnaître un trois-mâts carré ?

À ses grandes voiles rectangulaires superposées sur plusieurs mâts, tendues en travers du bateau sur des vergues.

Pour garder en tête

Pour reconnaître un voilier : comptez les mâts, regardez les voiles d’avant, puis la position du second mât par rapport au gouvernail. Un mât et une voile d’avant, c’est un sloop ; deux voiles d’avant, un cotre ; deux mâts, un ketch ou un yawl selon la place du petit mât. Entre monocoque et catamaran, choisissez selon la stabilité, l’espace et le port. Pour prolonger le plaisir de la mer, parcourez nos bijoux marins et lisez notre guide sur les nœuds marins.