Dans une photographie de port breton, il y a presque toujours une tache jaune. Un ciré sur un ponton, une cotte suspendue à un taquet, un homme qui rentre de pêche sous une pluie qui ne s’arrête pas. Cette couleur n’a rien d’un caprice de mode : en mer, être vu est une question de sécurité. Voici l’histoire du ciré jaune, ce qui fait un bon vêtement de pluie, et comment le porter à terre sans passer pour un figurant de carte postale.
Avant le plastique : goudron, graisse et toile cirée
Pendant des siècles, les gens de mer ont cherché à rendre leurs vêtements étanches avec ce qu’ils avaient sous la main. Selon les sources que nous avons consultées, les tenues de marins du XIXe siècle étaient imperméabilisées avec du goudron ou des graisses animales, et le terme « ciré » viendrait du traitement de la toile à la cire. Ces vêtements étaient lourds, raides, malodorants, et ils craquelaient. L’histoire du ciré, c’est d’abord celle d’une longue recherche pour rester sec en travaillant dehors.
Pourquoi le jaune ?
Le jaune a été retenu pour sa visibilité. En mer, par mauvais temps, un homme tombé à l’eau en vêtement sombre est presque invisible ; en jaune vif, il se repère de loin. Le choix est devenu une convention, que l’on retrouve encore sur les vestes de sauvetage et sur de nombreux vêtements de sécurité.
Concarneau, 1964 : le ciré en PVC
Une date revient dans les sources : 1964. À Concarneau, en Bretagne, Guy Cotten met au point un ciré jaune en PVC (un plastique souple et étanche) qui est vite adopté par les marins-pêcheurs du port. Le vêtement s’impose en quelques années comme la tenue de travail de ceux qui vivent de la mer, avec la cotte à bretelles, ce pantalon haut qui protège le torse. Les sources divergent sur certains détails, par exemple la date d’un autre vêtement de la même marque, la veste Rosbras, ou celle du petit personnage jaune qui sert de logo à l’entreprise (1974 selon les sources). Retenez l’essentiel : un ciré en PVC, né en Bretagne dans les années 1960, devenu en peu de temps la tenue du pont, que vous voyez encore sur tous les quais.

Ciré, cotte, suroît : le vocabulaire
- Le ciré : la veste de pluie, à capuche, longue et ample.
- La cotte : le pantalon à bretelles qui protège le haut du corps.
- Le suroît : le chapeau de pluie à larges bords, plus long derrière pour éloigner l’eau de la nuque.
Ce qui fait un bon vêtement de pluie
Un bon ciré se juge sur quelques points précis, loin du seul prix.
- Les coutures étanches : thermosoudées ou doublées, pour ne pas laisser l’eau passer par les points de couture.
- La capuche ajustable : elle doit tenir par vent fort sans gêner la vue.
- Le col haut : il protège le cou des embruns.
- Les poignets serrés : un élastique ou une sangle, pour que l’eau ne remonte pas dans la manche.
- Les bandes réfléchissantes : un plus pour la nuit.
Étanche ou respirant ?
Un ciré en PVC est totalement étanche mais ne laisse pas passer la transpiration : on a vite chaud. Les vestes techniques en tissu respirant évacuent l’humidité tout en bloquant la pluie, au prix d’un tarif plus élevé et d’un entretien régulier. Pour la ville et les sorties courtes, le ciré classique suffit ; pour la voile sportive, un vêtement respirant est plus confortable.
Comment porter un ciré jaune en ville
Le ciré jaune est devenu un classique des jours de pluie. Sa couleur fait le travail : elle éclaire une journée grise.
- Sur un jean et un pull marine : le jaune ressort sans effort.
- Avec des bottes en caoutchouc : naturel, surtout avec un pantalon retroussé.
- Avec des couleurs neutres : gris, beige, bleu marine, pour que le jaune soit la seule note vive.

Que mettre sous un ciré ?
Votre ciré ne fait que couper la pluie et le vent ; la chaleur vient des couches du dessous. Sur un bateau, on porte un sous-vêtement respirant, un pull de laine ou un polaire, puis le ciré par-dessus. En ville, un pull fin suffit en mi-saison, et un pull épais en hiver. Évitez le coton près de la peau par temps humide : il garde l’eau et refroidit. Si vous marchez beaucoup, ouvrez les aérations sous les bras pour laisser sortir la chaleur, sans quoi vous finirez mouillé de l’intérieur.
Faut-il aussi une cotte ?
En ville, rarement : un pantalon de pluie léger suffit. À bord ou sur un quai de pêche, la cotte à bretelles protège le haut du corps et complète le ciré en formant une barrière continue contre l’eau. Si vous sortez en mer par mauvais temps, vous apprécierez la différence.
Choisir la taille et la longueur
Un ciré se porte ample, pour laisser passer un pull épais dessous et pour que vos bras bougent librement. Levez les bras et tendez-les devant vous : si les manches remontent au-dessus du poignet, la taille est trop petite. La longueur compte autant. Une veste qui couvre le bassin évite que l’eau ne coule sur le pantalon ; un modèle plus court est plus léger mais protège moins.
La capuche, un détail décisif
Essayez de tourner la tête avec la capuche mise : elle doit suivre le mouvement sans masquer votre champ de vision. Une visière rigide protège les yeux de la pluie, et un cordon permet de la resserrer par vent fort.
Ciré ou imperméable de ville ?
Un imperméable de ville est coupé pour l’allure : plus ajusté, parfois sans capuche, souvent en tissu fin qui se froisse peu. Le ciré, lui, est conçu pour le mauvais temps : capuche profonde, col haut, matière plus épaisse. Si vous prenez les transports et marchez quelques minutes, un imperméable suffit. Si vous vivez au bord de la mer, si vous allez au marché sous la pluie ou si vous aimez marcher sans regarder la météo, le ciré est plus fiable. Vous pouvez aussi garder les deux : l’imperméable pour le bureau, le ciré pour les week-ends.
Et pour les enfants ?
Un ciré d’enfant est un bon investissement : il se lave d’un coup d’éponge et donne l’envie de sauter dans les flaques. Choisissez-le une taille au-dessus pour qu’il serve deux saisons, avec des manches à poignets réglables, et préférez un jaune vif qui permet de repérer l’enfant de loin sur une plage ou un quai.
La couleur jaune dans la sécurité en mer
Le jaune n’est pas le seul choix visible, l’orange l’est aussi, mais il s’est imposé par l’usage. Sur un bateau, les gilets de sauvetage et les cirés se choisissent de préférence dans ces teintes vives, que l’on repère de loin sur une mer agitée. Si vous naviguez de nuit, des bandes réfléchissantes améliorent la détection quand un faisceau lumineux les touche. La visibilité s’ajoute aux autres équipements de sécurité, sans les remplacer.
Entretenir un ciré
Rincez-le à l’eau douce après un contact avec l’eau de mer, laissez-le sécher à l’air libre, sur un cintre, à l’ombre. Évitez la machine à laver et les produits agressifs, qui abîment le revêtement. Rangez-le sec et non plié trop serré, pour que le revêtement ne craquelle pas.
Que faire d’un ciré qui colle ?
Un ciré rangé humide ou trop longtemps plié peut devenir collant. Essuyez-le avec un chiffon doux, saupoudrez-le d’un peu de talc et laissez-le aérer avant de le replier.
Les erreurs fréquentes
- Choisir un ciré sans capuche ajustable.
- Le ranger humide et plié.
- Le sécher sur un radiateur.
- Le laver en machine.
- Négliger les coutures, qui lâchent avant le tissu.
Tableau : le bon vêtement de pluie selon l’usage
| Usage | Vêtement | Atout | Limite |
|---|---|---|---|
| Pêche, travail à quai | Ciré et cotte en PVC | Totalement étanche | Peu respirant |
| Voile sportive | Veste technique respirante | Confort, évacue l’humidité | Prix, entretien |
| Ville | Ciré classique jaune | Visible, étanche | Chaud en cas de beau temps |
| Balade en bord de mer | Ciré léger | Se plie, se range | Moins résistant |
Questions fréquentes sur le ciré jaune
Pourquoi les cirés sont-ils jaunes ?
Pour la visibilité : le jaune vif se repère de loin en mer, par mauvais temps.
Qui a inventé le ciré en PVC ?
Selon plusieurs sources, Guy Cotten, à Concarneau, en 1964.
Quelle différence entre un ciré et un suroît ?
Le ciré est la veste, le suroît est le chapeau de pluie à larges bords.
Un ciré se lave-t-il en machine ?
Non : rincez à l’eau douce et séchez à l’air libre.
Le ciré jaune convient-il aux femmes ?
Oui, il existe en coupe féminine, et la couleur se porte très bien.
Peut-on porter un ciré pour la voile ?
Pour des sorties courtes, oui ; pour des navigations plus longues, un vêtement respirant est plus confortable.
Une tache de couleur qui sauve des vies
Derrière le jaune d’un ciré, il y a une idée simple : on se voit mieux, donc on se retrouve plus vite. Ce qui est devenu un vêtement de mode en ville est resté, à bord, un outil de sécurité. Choisissez votre ciré avec des coutures solides, rincez-le après la mer, et laissez le jaune faire sa part. Pour le détail qui finit la tenue, parcourez nos bijoux marins, et lisez le guide des associations avec le bleu marine.